Mieux connaître la juridiction
  • Le bâtiment

    La décision de construire le bâtiment fut prise à l’instigation du Baron Haussmann par le conseil général de la Seine en 1857. Il fit appel à un des architectes de la ville, Antoine-Nicolas Bailly (1810-1892).

    L’architecte eut pour obligation de satisfaire aux exigences du Préfet Haussmann et de Napoléon III lui-même.

    Le préfet demanda à Bailly «un motif principal, se détachant nettement de la masse de ses constructions, qu’il planterait en regard de la gare de l’Est, dans l’axe du boulevard de Sébastopol». Bailly couronna donc le grand escalier monumental du Tribunal de Commerce par un dôme et, compte tenu de ce que l’axe du boulevard Sébastopol coupait le terrain du Tribunal de Commerce sur le côté en oblique, il plaça son dôme à l’intersection de cette ligne fictive avec l’axe de la façade sur le boulevard du Palais. Le dôme est ainsi situé bien en symétrie du côté du Palais de Justice, mais très nettement désaxé vers la droite, vu du quai. Haussmann voulut aussi que le rez-de-chaussée soit, comme les deux théâtres de la place du Châtelet, occupé par des boutiques. Enfin, l’empereur Napoléon III, après la guerre d’Italie, désira que la façade soit inspirée de la Loggia, Palais municipal de Brescia qu’il considérait comme un des chefs d’œuvre de la Renaissance.

    Napoléon III, assistant à l’inauguration du Tribunal de Commerce, ne reconnut pas du tout l’hôtel de ville de Brescia et en fut mécontent.

Le Tribunal de Commerce de Paris occupe un îlot à peu près carré. La façade nord, la façade principale est la plus ornée. La façade qui fait face au Palais est conçue sur le même principe du léger avant-corps et son décor ne rappelle que succinctement celui de Brescia. La façade opposée est traitée, comme la façade arrière, sans recherche.
Le dôme est richement orné. La couverture culmine à 42 mètres au-dessus du niveau de la rue. Quatre des huit œils de bœuf du tambour sont surmontés de génies ailés par Carrier-Belleuse.

A l’origine, il y avait trois entrées différentes. Les deux entrées principales étaient suivies de deux vestibules dont l'un, celui du boulevard du Palais, a été supprimé. Un atrium de 25 m de long sur 18 m de large, bordé de deux étages de portiques à colonnes corinthiennes desservait les différents services. Il était surmonté d’un troisième étage qui a disparu en 1934, lors d’une surélévation. Le grand escalier était placé à l’extrémité des deux vestibules, il ne monte qu’au premier étage et conduit à un grand vestibule à lambris, pilastres et plafond compartimenté de style Renaissance.

Au premier étage, il y avait : les salles des faillites (Escalier d’Honneur), côté quai la grande salle des faillites, aujourd’hui salle des référés avec des lambris de chêne de trois mètres de haut et un plafond à voussures décoré de rinceaux sur fond rouge, réalisé par le peintre décorateur Ch. Chauvin. La grande salle d’audience, de 18 m sur 14 m lui fait pendant. Elle est richement décorée avec trois grandes fenêtres et un plafond de cristal dépoli. Quatre grandes toiles avaient été commandées à Joseph-Nicolas Robert-Fleury pour commémorer quatre grands faits historiques de la juridiction commerciale. (grande Salle d’audience)

La salle du conseil attenante est décorée de lambris de chêne et d’une riche cheminée de marbre rouge. Les second et troisième étages contenaient les bureaux pour l’administration du tribunal et les huissiers audienciers